samedi, novembre 24, 2007

BanPiracy et Waves : la délation comme nouveau fond de commerce ...


Si tout le monde est d'accord pour dire que le piratage est en soi condamnable, il en demeure pas moins que certaines méthodes utilisées pour endiguer cette pratique sont pour le moins discutables, éthiquement parlant.

Je veux parler du cas de la société Waves - qui s'est imposé peu ou prou depuis ces dix dernières années comme fournisseur standard de plugins audios dans les studios de post-production et d'enregistrements.

Aujourd'hui Waves n'est plus leader, car d'une part l'Open Source permet d'avoir des stations de travail performantes avec des plugins de qualité sur Linux, Windows et Mac et d'autre part toutes les DAW arrivent aujourd'hui sur le marché avec des plugins d'usine qui n'ont plus rien à envier au fabricants externes. Et puis il ya aussi des nouveaux développeurs, qui font tout simplement de meilleurs produits, avec un service consommateur plus élégant, des mises à jours abordables, de bundles à prix "humain" et une logique de vente moins carnassière.

Curieusement, Waves au lieu de se rapprocher des véritables besoins de ses clients, de remettre en question son business model a préféré donner carte blanche à l'ex CEO Tomer Elbaz de Waves qui à fondé il y a un an BanPiracy, un organisme professionnel dédié uniquement à la chasse au piratage. Depuis, son seul et unique client est ... Waves, bien sûr.

Deux méthodes pour faire leur chiffre d'affaire : la première invite de façon anonyme à dénoncer sur leur site un studio qui utilise des cracks. C'est donc de la délation inter-professionnelle organisée.
La deuxième est la mise en place de fausses séances en studios d'enregistrement, pendant laquelle un mouchard (un être humain, je veux dire) va vous sonder pendant un mix factice. Ces séances ont cours à en France en ce moment même.
Si besoin est, les faux commanditaires reviendront au studio en question avec un huissier pour vous coller une amende fixé de façon arbitraire par leur seul soin.

Cette méthode est parfaitemement déloyale dans la forme et pénalise au finish les sociétés les plus fragiles qui ont déjà beaucoup de mal à s'en sortir, manquent de réactivité, n'ont pas l'habitude de faire appel à un avocat etc ... Waves et BanPiracy ne sont que très peu suivis par la profession internationale dans cette croisade, même attitude de rejet avec le reste des développeurs de plugins qui préfèrent trouver d'autres issues que ce flicage d'un autre temps, j'allais dire aux relents politiquement douteux ...

Comme le dit Peter Kirn sur son blog Create Digital Music, le problème de BanPiracy repose moins sur le fait d'être pour ou contre le piratage, que sur l'analyse et les questionnement de leurs méthodes pour le moins arbitraires, tendancieuses, malveillantes et peu éthique.

Andrew Kirk de Ilok fait la remarque suivante : les poursuites judiciaires ne sont pas "market friendly" et se calent très mal dans un business plan digne de ce nom. De plus, le taux de piratage a considérablement baissé ces dernières années, preuve en est le nombre de développeurs présent à l'AES. Ce nombre augmente chaque année.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Tout est très bien résumé, la mentalité, les méthodes (sachant que sur certains faits relatés, le vice est encore plus poussé que cela)...

wildo a dit…

Oui, ce que je ressens également c'est a quel point le débat semble ouvert contre les pratiques de Waves aux Usa et très peu chez nous ... Serions nous déjà contaminés a ce point par la civilisation et les pratiques du tout sécuritaire ?